Le goût du paysage, c’est celui des amateurs, mais c’est aussi celui
décrit par Brillat-Savarin et que chacun apprécie à sa façon en mangeant
et en buvant.

On peut avoir un goût pour les paysages et se plaire à les contempler, à
les représenter et à les façonner, mais les paysages ont aussi un goût,
le goût des fruits de la terre. Les beaux paysages sont aussi de bons
paysages.

Le goût du paysage est une récréation, une parenthèse faite de rencontres
et d’échanges. Mais c’est aussi un témoignage, une prise de position et
un plaidoyer.

Deux questions banales qui, hier encore, passaient pour un manque de
conversation, « que mange-t-on ce soir ? » et « quel temps fait-il demain ? »,
sont devenues pour chacun d’entre nous et même pour ceux qui s’en
défendent, essentielles et vitales. Le goût du paysage est une invitation,
dans le Potager du Roi, lieu de production, d’expérimentation, d’acclimatation,
de composition et de transmission, à partager des nourritures
terrestres, en pensant à l’avenir des paysages, des villes et des
campagnes qui ont une destinée commune.